Nadège Ango-Obiang

Mon moi est un intrus

Je ne me souviens plus de moi. Le regard voilé, les yeux pillés par les serres des convoitises nourries par des hallucinogènes, des traînées de sang cachaient à peine ma joie de vivre. L’envolée des arbres, la stature des ombres, l’agréable bercement du sol qui se dérobe sous mes pieds. Ma tête, un univers tanguant et, hanté par des souffles, soupirs, des souvenirs confus qui deviennent des mondes. Des mondes obsédants. Déchirants, l’impression de pouvoir qui mordait mes tripes, exaltait l’envolée immobile de mon corps indifférent aux déséquilibres de ses mouvements. Percée sur l’échelle de mon émoi inconscient de l’emprise des voluptés de cette ivresse tant recherchée, mon moi se délectait, comme la vermine dans un champ de guerre silencieux et enfumé, de ce que mon corps abandonnait, dans une joie irraisonnée, aux hasards des feux des éphémères jouissances.
 
Souffle hachuré, morsures de spasmes imaginaires, nées des fissures de mon cerveau assaillit, du sommet de la tour de cristal, mes yeux semblaient tomber dans le vide. Aveugle, des reflets de vies apparaissaient en mon esprit. Étrange, ô superbe. La rage des choses à tenter de décoller mes pieds du sol, l’impression, déjà, de tomber, en tuant le rire de la peur que j’aurai. Un véritable élixir fait de molécules de plénitude s’agitait  entre mes oreilles. 
 
Dans mon dos, il me dit de me laisser trembler. Obtenir que l’invasion de la sphère non imaginaire se serve de mon sang comme ceinture nécessaire à équilibre, en réalité… une domination. Soupirs dans la force synonyme de code erroné pour mon issue vers l’âme de lumière. La salive de la mort souda mes mains aux remparts de la tour de cristal. Que forêts, bruissement du vent, échos des murmures indescriptibles à perte de vue en un corps inexistant. Effacé par celui qui en moi, désinhibé par les langueurs des râles égrenés par les sirènes de terres, enragé par la portée certaine néanmoins non promise par aucun diablotins des brumes de ce cocktail, une paix abrutie de rustres et si voluptueux nectars que même les sentiers de lumière s’en émeuvent.
 
Il y’ a cet abîme en moi, roulant, comme un clown fou de rire, vers moi. Mon visage, dans la peinture de cette satire de l’enfance.  Bientôt dans ma tête, la frénésie des libertés torsadées comme une liane, dont l’étreinte m’a saisie l’âme, m’a brisé du fond de l’émoi d’un surmoi qui circulait, aveugle de l’ivresse hors de contrôle de cette part de moi, fracassante comme un intrus sans respect.      
 
S’ouvrant lentement, comme des millions de fois sont parsemés les étapes des mutations, l’air de souffre du rêve de devenir mort emplit ma tête, rejeta le feu presque froid de ma vie. Alors que tanguait, perdue, la frontière entre l’existence chèrement acquise du monde de la matière et la présence féroce de cet étranger avide de me putréfier vivant, je vis le vide s’ébranler. Parcourant le vertige par débris s’échappant des failles de mon esprit, je découvris cercles des regrets infernaux, spectres des illusions tenaces, chaos de l’espoir de toutes mes vies en ce monde.          
 
C’est alors que le couteau de la brise me scia le pouce gauche, que ce sang si mal nourris gava l’invisible tété par une armée incroyable de rongeurs difformes, bruyants et gloutons. A terre, ma tête abritait des bruits sourds, des craquellements. Des bruits de rongeurs.   
 
Qu’ai-je fais ? Qu’ai-je bu, fumer ou renifler ? hum ! Renifler…mm…J’ai senti, absorber, la peau de cet homme. J’ai survolé par millimètre, du menton, l’imperceptible cime de toute la surface de son corps. Oui. J’ai ingéré, sans m’arrêter, le fluide d’une aura bien vivante. J’ai accepté d’inspirer ces vapeurs des âmes mortes pour qu’enfin des ailes me libèrent de la tyrannie de la terre. Ce corps était mon sort. Un jouet gagné au troc infernal des partisans du monde sombre.
 
Vernis opaque pour un rayonnement mordant, inquisiteur dans l’âme sans fards, démuni d’une si intense pénétration. L’illusion était là, l’attente, comblée par des trajets sans embuches, route habillée de goudrons de velours. Y aurait-il un brin de lame, du tranchant, juste pour me dépouiller d’un filet de sang ? Il se pourrait que je me reprenne. Une seconde de perdu pour voir où  je suis. Sombrer, toujours sombrer. Espérer, et se raccrocher à un monde sans adresse. Il m’enlace, comme on danserait dans un bal. Pourtant je suffoque. L’étreinte est barbare et révolte ce que je crois être moi.
 
Eh ! Que fait-il ? La colère mue mon esprit en fascination. Tout le long de l’arc de mon bras, une sensation, partenaire, comme un renfort, pour encore me projeter dans le néant  de la quête de la liberté proscrite.     

 

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Published on e-Stories.org on 20.08.2011.

 

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