Anna-Helena Kummerli

L’HISTOIRE D’UNE PASSION - Joshua Tree

Joshua Tree

Avant d’entrer à Las Vegas, il faut que je fasse un petit détour par Joshua Tree national Park, juste à 3 h du centre de Los Angeles. C’est le parc qui a scellé l’amitié entre Trudy, Jean-Pierre et moi. Trudy n’avait jamais entendu parle de Joshua Tree, avant notre rencontre à Genève, quand il y a eu la petite étincelle d’intérêt dans ses yeux. Quand nous sommes arrivés a Joshua Tree, ses espérances n’ont pas été déçues. C’est un endroit tout à fait différent des autres. Il y a de gros rochers tout ronds et qui donnent envie de grimper, ce qui est d’ailleurs souvent le cas. Il y a pas mal de sportifs de L.A. qui se font de “la grimpe a main nues” sur cette roche. Il y a aussi les fameux arbres de Joshua, de la famille des Yucca. La première fois, pendant un début mars, je les ai vus en fleurs et ca sentait agréablement bon. Ils sont tortueux, mais fiers et beaux. Avec ma fille, nous étions sur notre retour vers San Francisco et venions depuis Phoenix. Comme je dis toujours, il y a heureusement encore des endroits ou on peut écouter le silence et Joshua Tree en fait parti. En venant de Desert View, on traverse des rangées de montagnes bleues et mauves et soudainement, on arrive vers “un champ de Teddy-bear-Cholla”! Que c’est bon et que ca a l’air d’être doux. Ces cactus brun et blanc-argent donnent envie de se blottir dans leurs bras, mais oh horreur: il n’y a pas beaucoup de cactus qui piquent autant et qui vous courent après. Ce n’est pas pour rien qu’il y a, dans la famille des chollas, un qui s’appelle le “Jumping Cholla” (Cholla qui saute). Quand il y a un tout petit bout de Teddybear-Cholla qui se sépare de la grande plante, ca fait une petite boules et si vous avez le malheur qu’une de ces boules reste accrochée à vos chaussures, gare à vous. Il ne faut surtout pas essayer de la détacher avec l’autre pied, car vous ne vous en sortirez plus. Prenez un caillou ou un morceau de bois (pas toujours évident d’en trouver dans le désert) et séparez la de la godasse. Le “champ de Teddy-bear” est absolument merveilleux, quand les derniers rayons de soleil le touchent. On voit des familles se former, on peut presque les voir bouger et si vous avez un peu d’imagination, vous pourrez vous faire vous même votre petit conte de fée.

Ensuite, c’est donc la montée vers les rochers et la foret d’arbres de Joshua. Il y a une très belle marche vers une mine abandonnée dans une des collines. Il y a également la belle vue, si le temps n’est pas trop brumeux sur la plaine de Palm Springs et aussi, au loin, le Salton Sea, un autre endroit à découvrir. Malheureusement, très souvent, la pollution de Los Angeles couvre d’une petite couche de “brouillard jaunâtre” cette belle plaine et nous empêche de voir bien loin. Pourtant l’aéroport de Los Angeles est à 3 heures de voiture de ce beau parc.

 

Un jour, en compagnie de ma sœur, nous avons rencontré sur la route un coyote qui suivait notre voiture. On s’arrête, il s’arrête, on continue, il continue....Il était petit et bien maigre et nous pensions qu’il avait peut-être faim ou qu’il avait perdu sa mère etc....Thea voulait le prendre en voiture pour lui sauver la vie, mais j’ai réussi a l’en empêcher, car coyote ou pas, c’est quand-même un animal sauvage. On lui a dépose un peu d’eau, mais ca ne semblait pas vraiment l’intéresser. Finalement, on décidé de descendre vers le visitor center du village de 29 Palm et de le signaler au ranger. Chose dite, chose faite. On arrive et on raconte notre histoire au ranger qui sourit gentiment et nous dit: “alors, vous êtes tombe sur un mendiant?” Il nous explique que les gens ont malheureusement pris l’habitude de nourrir les animaux et ensuite ceux-là perdent l’habitude de chasser pour trouver leur propre nourriture. Ce qu’ils oublient, c’est que l’animal commence à manger n’importe quoi. Il bouffe même des sacs de plastique et n’importe quelle chose néfaste pour son estomac. A la fin, ces animaux “crèvent de faim” et on est oblige de les abattre. Ce n’est pas pour rien que l’on lit partout: “You feed them - you kill them” (vous les nourrissez- vous les tuez). Quand je suis remontée a Joshua Tree quelques semaines plus tard, il y avait deux coyotes mendiants et 6 mois plus tard, plus aucun!! Depuis, à Death Valley, j’ai vu de mes propres yeux des touristes donner des muffins (sortes de cakes) à un coyote-mendiant. Pourquoi ne pas écouter?

Après la visite de Joshua Tree, c’est bon de descendre à 29 Palms, ou il y a un merveilleux petit hôtel. Juste 10 chambres et un jardin intérieur presque tropical, avec piscine et jacuzzi. Du repos pour digérer les impressions de la journée. Il y a également un restaurant qui ne paie pas de mine, mais que je ne raterai sous aucun prétexte. La viande est grillée sur du bois de mesquite ce qui donne une saveur formidable, un peu comme les sarments de vigne. C’est servi à la bonne franquette et franchement pas un 5 étoiles, mais sympathique. La serveuse a des ongles artificielles d’une longueur incroyable et sur chaque ongle un drapeau américain ou un cœur de la Saint Valentin, selon la saison. Comme dans cette petite ville, il y a une base de “marines” (corps d’élite de l’armée américaine qui n’a rien à voir avec la marine), le restaurant est peuplé de jeunes gars qui ont tous le même coiffeur et qui ont tous une grosse faim. Je vous laisse imaginer les portions sur les assiettes. Un jour, avec une amie, je me trouvais dans la piscine de l’hôtel et une dame nous invite à une parade dans le camp militaire. Je ne suis pas adoratrice des parades militaires, mais je ne pouvais franchement pas refuser sans paraitre mal élevée. Nous y allons, mais nous ignorions que c’était pour le retour du premier bataillon, envoyé au Koweït pendant la première guerre du Golf. Pendant ce retour, il y avait aussi l’arrivée de trois cercueils des premiers morts de cette guerre, en présence des parents. C’était un moment extrêmement émouvant et triste.

En allant de 29 Palms à Death Valley, une route qui traverse des chaines et des chaines de montagnes et même un champ de lave immense. Si vous avez envie de visiter le “Bagdad-Cafe” du fameux film du même nom (appelé aussi “Out of Rosenheim”) c’est juste un petit détour de 5 miles et vous y êtes. La région est belle et l’entrée a Death Valley, venant depuis Baker aussi très intéressante, mais, il nous faut aller maintenant à Las Vegas.

 

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Published on e-Stories.org on 10.09.2018.

 

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